Prévention des inondations

Dans la première moitié du XIXe siècle le trafic maritime sur l’Orne augmentant et son estuaire s’envasant, la question du creusement d’un canal s’est posée. C’est en 1857 que fût ouvert à la navigation le canal de Caen à la mer, asséchant le bras de l’Orne qui se dirigeait vers le marais de Colleville, permettant ainsi l’urbanisation de la partie basse de notre ville. Mais l’Orne est une rivière qui peut connaître des crues importantes, surtout en hiver lorsque les passages météorologiques dépressionnaires s’enchaînent sur son bassin versant. Lorsque les nappes phréatiques sont saturées, toutes les précipitations sont dirigées vers Caen et doivent être évacuées par l’estuaire de l’Orne. Les crues de 1995 et de 2001 ont montré la nécessité de créer de nouveaux ouvrages et d’en améliorer la gestion.

Travaux réalisés

Un programme d’aménagements acté en 1999, a été réalisé entre 2001 et 2004. Cinq chantiers ont donc été menés d’amont en aval de l’Orne. En voici les principaux aménagements et leurs principes :

  • Novembre 2001 – mars 2003 : Réalisation du déversoir du Maresquier à Ouistreham Riva-Bella afin de restituer son débit à l’Orne afin de réguler les niveaux de l’eau. Une étude est en cours pour garantir son bon fonctionnement.
  • Juin 2002 – février 2004 : Création du canal de liaison de l’Orne au canal maritime à Caen afin de permettre l’évacuation des surplus d’eau de l’Orne vers le canal maritime à l’aide de 2 vannes hydrauliques régulatrices.
  • Septembre 2002 – février 2003 : Arasement des quais sous-fluviaux pour augmenter la section hydraulique de l’Orne pour faire passer le débit de crue centennale afin de faciliter l’écoulement à Caen.
  • Juillet 2003 – février 2004 : Reprofilage de l’Orne à la Cavée afin d’agrandir la section hydraulique pour faciliter l’évacuation des écoulements vers l’aval.
  • Juillet 2003 – février 2004 : Chenal sec et digue à Louvigny qui vise à recueillir l’excédent d’eau en cas de crue et protéger les zones habitées.

Une action coordonnée

Ce sont les agents de Ports Normands Associés (PNA) qui, depuis la Capitainerie de Ouistreham Riva-Bella, assurent la gestion de la hauteur d’eau dans le canal et le pilotage des ouvrages de régulation. Depuis 2002, 4 ouvrages permettent de réguler la hauteur d’eau dans le canal :

Le canal est normalement alimenté par l’Orne en amont du barrage de Montalivet. En temps normal, les ouvrages Victor Hugo et du Maresquier sont désactivés.

Comment cela fonctionne ?

  1. Alerte à Thury-Harcourt : Les vannes du barrage de Montalivet s’ouvrent progressivement. En parallèle, à partir de la cote 3 mètres à Thury-Harcourt, les vannes du déversoir du Maresquier sont ouvertes pour créer un creux préventif en abaissant le canal maritime à sa cote minimale (7,40 mètres cote Marine).
  2. Montalivet s’enclenche : Les vannes du barrage Montalivet s’ouvrent entièrement pour laisser passer dans l’Orne le débit maximal admissible avant débordement. L’auto-curage de l’Orne est ainsi assuré. Une fois ce débit atteint, les vannes du Bassin Saint Pierre et du canal de la Presqu’île s’ouvrent progressivement.
  3. Le canal maritime prend le relais : Les vannes du canal de liaison de la Presqu’île puis du Bassin Saint Pierre s’ouvrent entièrement en liaison avec les vannes du déversoir du Maresquier. Le canal maritime est alors utilisé. L’eau s’écoule ensuite dans la mer.

Faible ou forte crue?

Habituellement, la hauteur d’eau dans le canal au niveau des écluses est de 7,8 mètres, voire 8 mètres lors de l’entrée d’un navire de commerce à fort tirant d’eau. Cependant, le système de régulation de niveau dans le canal en période de crue entraîne des variations de niveau d’eau :

  • Lorsque la cote de l’Orne y atteint 2,50 mètres (faible crue), les agents d’astreinte de PNA activent alors les ouvrages Victor Hugo et du Maresquier. Le niveau du canal est porté à 8,10 mètres et est régulé à la cote de 7,80 mètres au déversoir du Maresquier.
  • Lorsque la cote atteint 3 mètres à Thury-Harcourt (forte crue), le niveau du canal peut être porté à 8,30 mètres.
  • Si le niveau à Thury-Harcourt atteignait 4 mètres (crue très forte), alors la cote du canal pourrait monter à 8,50 mètres et le déversoir du Maresquier serait régulé à une cote de 7,40 mètres pour obtenir un débit maximum d’évacuation vers l’estuaire de l’Orne.

Les ouvrages, la surveillance et les procédures de régulation de niveau dans le canal ont montré leur efficacité dans les dernières années. Le risque d’inondation est pris en compte dans les documents d’urbanisme, dans l’aménagement du territoire dans le bassin versant à travers la promotion de la replantation de haies et le maintien des champs d’expansion de crue. La prévention des inondations est un travail qui n’est jamais achevé.

En cas de catastrophe naturelle

Les modalités de l’état de catastrophe naturelle sont réglées par la Loi n°82-600 du 13 juillet 1982 relative à l’indemnisation des victimes de catastrophes naturelles. Le Maire de la commune doit tout d’abord formuler une demande auprès des services préfectoraux afin de déclarer qu’il est survenue une catastrophe naturelle.

À la suite de cela, la loi permet de déclencher un fond d’aide et d’indemnisation des victimes. Chaque Français possédant une assurance alimente ce fond via son contrat d’assurance. Toutes les personnes ayant contracté une assurance et qui se trouvent dans la commune reconnue sinistrée par un arrêté ministériel auront droit à une indemnisation. Pendant et immédiatement après l’événement, la priorité est de préserver ses biens, afin que cela serve à alimenter sa déclaration de sinistre auprès de son assurance.

Une démarche de prévention des risques littoraux et de submersion marine

À la suite de la tempête Xynthia et des dégâts qu’a connu la côte vendéenne en février 2010, les services de l’État ont engagé une démarche de prévention des risques littoraux et de submersion marine. Cette démarche, non encore aboutie à ce jour, est basée sur des calculs de modélisation de brèches dans les ouvrages de défense contre la mer. Ces calculs prennent en compte une brèche hypothétique, des défaillances d’ouvrage tels que des clapets au débouché d’émissaire ou de vanne. Ils prennent également en compte la vitesse à laquelle l’eau s’écoule hors de la brèche et dans notre cas, le phénomène des marées, qui permet que l’eau rentrée à marée haute, ressortie à marée descendante.