Prévention des inondations

Le dispositif de régulation de la hauteur d’eau du canal de l’Orne

Dans la première moitié du XIXe siècle le trafic maritime sur l’Orne augmentant et son estuaire s’envasant, la question du creusement d’un canal s’est posée. C’est en 1857 que fût ouvert à la navigation le canal de Caen à la mer, asséchant le bras de l’Orne qui se dirigeait vers le marais de Colleville, permettant ainsi l’urbanisation de la partie basse de notre ville. Mais l’Orne est une rivière qui peut connaître des crues importantes, surtout en hiver lorsque les passages météorologiques dépressionnaires s’enchaînent sur son bassin versant. Lorsque les nappes phréatiques sont saturées, toutes les précipitations sont dirigées vers Caen et doivent être évacuées par l’estuaire de l’Orne. Les crues de 1995 et de 2001 ont montré la nécessité de créer de nouveaux ouvrages et d’en améliorer la gestion.

prevention-innodations

Depuis 2002, 4 ouvrages principaux permettent de réguler la hauteur d’eau dans le canal : le barrage de Montalivet, la vanne des portes de l’Orne à hauteur du bassin saint Pierre, le canal Victor Hugo sur Caen et le déversoir du Maresquier sur Ouistreham Riva-Bella. Ces deux derniers ouvrages, ainsi que le système de régulation sont propriété du Syndicat Mixte de Lutte contre les Inondations dans la vallée de l’Orne et son bassin versant.

Le canal est normalement alimenté par l’eau de l’Orne en amont du barrage de Montalivet. Le niveau d’eau est régulé grâce à la vanne des portes de l’Orne. En période de crue, le barrage de Montalivet est totalement démasqué pour permettre à la crue de s’évacuer en passant par le lit de la rivière. Le canal est utilisé pour évacuer l’excédent d’eau de la crue. L’eau excédentaire y transite par le canal Victor Hugo et est évacuée par le déversoir du Maresquier.

Ce sont les agents de Ports Normands Associés (PNA) qui depuis le Poste Central de Conduite des ouvrages mobiles situé dans le bâtiment entre les deux écluses assurent la gestion de la hauteur d’eau dans le canal et le pilotage des ouvrages de régulation. En temps normal, la hauteur d’eau dans le canal au niveau des écluses est de 7.80 mètres (carte marine), voire 8.00 m lors de l’entrée d’un navire de commerce à fort tirant d’eau. Le système de vannes fonctionne de manière automatique. En temps normal, les ouvrages Victor Hugo et du Maresquier sont désactivés.

Le niveau de l’Orne est surveillé à Thury-Harcourt (www.vigicrues.gouv.fr). Lorsque la cote de l’Orne y atteint 2.50 m, on est en faible crue. Les agents d’astreinte de PNA activent alors les ouvrages Victor Hugo et du Maresquier. Le niveau du canal peut être porté à 8.10 m et il est régulé à la cote de 7.80 m au déversoir du Maresquier. Lorsque la cote atteint 3.00 m à Thury-Harcourt (forte crue), le niveau du canal peut monter à 8,30 m. Si le niveau à Thury-Harcourt atteignait 4.00 m (crues très fortes), alors la cote du canal pourrait monter à 8.50 m et le déversoir du Maresquier serait régulé à une cote de 7.40 m pour obtenir un débit maximum d’évacuation vers l’estuaire de l’Orne. En parallèle, quel que soit le type de crue, ce système de régulation tient compte de la variation du niveau de la mer due à la marée. A la pleine mer, par fort coefficient de vives eaux (> 90), le niveau de la mer peut-être égale ou légèrement supérieur à celui du canal. Dans ce cas, les ouvrages de Montalivet et du Maresquier sont fermés.

Les ouvrages, la surveillance et les procédures de régulations de niveaux dans le canal ont montré leur efficacité sur les 13 dernières années. Le système de régulation de niveau dans le canal en période de crue entraine des variations de niveau d’eau pouvant aller jusqu’à 70 cm, laissant une marge de 60 cm avant d’atteindre le point bas de la digue, qui se situe en amont de la ville. Le risque inondation est pris en compte dans les documents d’urbanisme, dans l’aménagement du territoire dans le bassin versant à travers la promotion de la replantation de haies et le maintien des champs d’expansion de crue. La prévention des inondations est un travail qui n’est jamais achevé.

Extrait du magazine municipal l’Avenir n°6 – avril 2016