Pêche à l’aimant dans les cours d’eau, lacs, fleuves, canaux et rivière

Les équipes de déminages sont régulièrement sollicités dans l’urgence pour la découverte de munitions suite à la pratique de la pêche à l’aimant dans les cours d’eau, les étangs, les canaux et les rivières.

Ces activités, souvent réalisées pendant les périodes de loisirs (vacances ou week-end), tendent à se vulgariser à la faveur des incitations sur les réseaux sociaux, motivées par la découverte d’un trésor hypothétique.

En cas d’extraction de munitions, s’ajoute au risque que courent les pêcheurs, l’engagement en urgence et parfois de nuit des équipes d’astreintes opérationnelles, sur des missions qui les détournent d’autres missions essentielles.

Les règles de la pêche à l’aimant sont identiques à celles encadrant la détection d’objets enfouis, ainsi

  • sur les terrains privés (forêts, terrains, puits, étangs,…), l’autorisation du propriétaire est requise, et si l’objet de la pêche a pour but la recherche d’un objet intéressant l’Histoire, la préhistoire, l’art ou l’archéologie, l’autorisation du Préfet est obligatoire
  • pour les cours d’eau, lacs, rivières, fleuves et canaux, l’autorisation de l’État, propriétaire des biens sous-marins est requise.

Bien qu’étant souvent présentée comme une dépollution bénévole des cours d’eau, cette pratique sans autorisation de l’autorité administrative est considérée comme illégale. En application de l’article L544-3 du code du patrimoine, est punie d’une peine d’amende, applicable aux contraventions de la 5e classe (jusqu’à 1500€), l’utilisation du matériel permettant la détection d’objets métalliques sans avoir obtenu les autorisations requises ou sans avoir respecté les prescriptions de celles-ci.

La pratique de la pêche à l’aimant, dans un département comme le Calvados durement touché par la seconde guerre mondiale est une activité dangereuse car pouvant donner lieu à la découverte de munitions qui peuvent engendrer des risques :

  • d’exposition de la munition lors de sa manipulation
  • de fuite d’un produit incendiaire pouvant entraîner une auto-inflamation, un incendie et des brulures
  • de fuite d’un agent toxique de guerre pouvant créer une intoxication ou une contamination
  • d’un détournement de la munition pour une action malveillante